Cambodge Vietnam Fevrier 2008

février 14, 2008

Début février, voyage au Cambodge et au Vietnam à l’occasion de notre première et dûment méritée semaine de vacances. Visite sur les quatre premiers jours de Phnom Penh et Siem Reap avec les temples d’Angkor. Nous avons vu des endroits magnifiques et grandioses, les photos permettent de s’en donner un bon aperçu. Deux anecdotes sur cette partie du voyage. La première fut la dure négociation pour obtenir une chambre la première nuit. Le Cambodgien ne voulait pas louer sa dernière chambre sous prétexte qu’elle était au 5ème étage. Nous avons émis toutes les hypothèses (absence de toit, invasion de cafard, escalier démonté) pour finalement comprendre que c’était uniquement parce qu’il avait la flemme de monter nous la montrer. La deuxième fut la discussion de deux heures avec des bonzes dans un monastère de Phnom Penh, ils nous offert de l’eau et des fruits et étaient ravis de pouvoir un peu pratiquer leur anglais. Les sujets furent variés afin d’explorer tous les champs lexicaux en allant des rites funéraires bouddhistes jusqu’à leur passion pour la boxe cambodgienne en passant par la vie de tous leur frères, sœurs et amis. De manière générale, les Cambodgiens ont un contact très facile et la plupart des jeunes parlent un anglais très correct.

 

A partir de l’après midi du quatrième jour les choses se sont corsées un peu lorsque nous avons décidé de quitter Phnom Penh pour rejoindre la Vietnam. Il nous a d’abord fallu trouver une voiture qui accepte de nous emmener à la frontière. A la vue de mines effrayées des chauffeurs potentiels nous avons vite compris que l’affaire risquait d’être un peu difficile. Après vingt minutes de palabres, ils finissent par aller cherche un de leur ami qui pourrait être intéressé pour faire la course. Notre homme fini par arrivé, se fait présenté l’affaire, semble moyennement motivé et nous annonce 150$. Trop cher on fait mine de partir et il finit par accepter pour 40$ (pour 200 km à 4 plus les 200 de retour de nuit qu’il va devoir faire tout seul, ça reste plutôt bon marché). Très vite nous comprenons les réticences premières des pilotes. La route est mauvaise, encombrée de nids de poules, de tronçons en terre battue de motos et autres véhicules surpeuplés. Après 1h30 de route la nuit tombe et cela inquiète beaucoup notre chauffeur, à tel point qu’il s’arrête maintenant tous les trois kilomètres pour demander son chemin et savoir combien de bornes il lui reste à faire et il rentre à chaque fois dans la voiture en priant tous les Saints de la terre. La pluie se met à tomber pour les 15 derniers kilomètres se qui ne nous permet de voir que trop tardivement la colonne de poules qui à décider se glisser sous le véhicules. Bilan : une poule écrasée et ses cinq copines dans un grand état de choc psychologique. A peine trois kilomètres plus loin, c’est un chien qui vient se jeter contrer le radiateur de la voiture. Ca commence à faire beaucoup pour notre chauffeur qui se demande bien dans quel état il va rentrer à Phnom Penh. Arrivée au poste frontière à 19h. Fermé, revenez demain à 6h. Les douaniers sont trop occupés à jouer au poker tors-nu pour nous laisser passer.

 

Dans la ville la plus proche nous trouvons une petite guest-house prête à nous accueillir. L’endroit n’est pas des plus fous mais c’est propre et ce sera suffisant. Une fois le diner englouti, nous décidons d’entrer en contact avec nos hôtes qui ne parlent pas un mot d’anglais. Il finit tout de même par nous faire comprendre qu’il a fait sa fortune en trouvant pour 60 000 $ de diamants dans la montagne en face. Aurons-nous seulement le temps d’y aller le lendemain ? Pas sur, car le lendemain justement il faut passer la frontière. Nous nous faisons déposés au poste en moto et entamons le franchissement à pieds comme de simples migrants. Les formalités que nous redoutions se passent finalement assez facilement avec juste l’infirmière qui nous fait acheter un certificat de non contamination de la grippe aviaire totalement superflu. Nous avons beau être au fin fond des rizières, deux impressions nous marquent déjà de l’autre côté : c’est plus développé et plus peuplé.

 

Nous nous mettons en marche pour rejoindre la ville la plus proche, constamment harcelés par les pilotes de mototaxi, d’où nous finissons par trouver un bus qui nous emmène sur les rives du Mékong à Chao Doc. Visite du marché, petit tour dans la ville, nous trouvons de quoi manger et un jeune Vietnamien qui bien que sympathique semble avoir flairé en nous les touristes nous fait visiter une maison française de l’époque coloniale. La bâtisse est jolie mais est bien mal entretenue par les Vietnamiens qui en ont hérité. Nous trouvons une auberge pour la nuit dans le centre, l’endroit est aussi propice pour une petite sieste avant de repartir. Pour le gouter une noix de coco. C’est pas bon. Mauvais expérience. Nous prenons ensuite un bateau pour aller visiter le village flottant et la minorité musulmane exilée sur une petite île du Mekong. La ballade est agréable et nous permet de prendre de belle photo. Au diner, des rouleaux de printemps à la viande avariée. Pas bon. Cela nous fait redouter une digestion difficile pour la nuit mais qui finalement se fera sans accrocs.

 

Départ pour Can-Tho le matin suivant. L’un des plus mauvais voyage de toute ma vie. Un bus surpeuplé avec des gens qui crient dans tous les sens, un chauffeur qui appuie sur le klaxonne toutes les 3 secondes et qui roule à contre sens, un rabatteur qui fait s’arrêter le bus tous les kilomètres pour savoir si l’homme au bord de la route en train de boire son café n’aurait pas par hasard envie d’aller à Can-Tho, une bonne femme qui tient à tout prix à nous vendre un paquet de chewing gum. Bref l’horreur absolue. 4 heures d’introspection et de profondes remises en question. Dans le petit restaurant ou nous déjeunons, nous rencontrons le premier Vietnamien parlant français mais finalement de ce restaurant c’est plus le concept des toilettes que nous retiendrons. Très spécial. La ville de Can-Tho n’a pas grand intérêt, c’est moderne, peuplé, encombré et pollué, nous y avons visité quelques pagodes et un musée militaire de propagande à la gloire des combattants Vietnamiens. Complètement surréaliste avec une réécriture de l’histoire en bon-et-du-forme.

 

Lever à 6h le lendemain pour aller voir le marché flottant. Nous négocions avec ténacité pour payer 4$ pour une heure. C’est beaucoup moins cher que les prix annoncés dans le guide mais nous apprendrons plus tard que c’est cinq fois plus que le prix payé par les Vietnamiens. Le marché flottant c’est une sorte d’immense foire avec long boat chargé de fruits, de légumes, de poissons et autres qui circulent dans tous les sens, se cognent et s’éperonnent en tachant de vendre leur marchandise. C’est un peu surprenant mais à voir. Notre pilote prend l’initiative de faire une heure dix au lieu d’une heure comme convenu et vient nous réclamer deux dollars de plus. Elle commence à crier et nous sentons l’attention des voisins se focaliser sur nous. Ambiance : hostile. Nous donnons les 4$ et partons alors qu’elle nous insulte copieusement. L’heure est venue de faire notre première ballade dans les rizières, nous marchons une petite heure dans des rizières magnifiques un peu à l’écart du Mékong. Tout se passe sans problème jusqu’au trois derniers mètres ou nous sommes contraints de plongés jusqu’à mi mollets dans une boue épaisse. L’après midi nous mettons le cap sur Saigon, 4 heure de bus. Un trajet plus calme dans un bus beaucoup plus confortable, quasiment vide et pour un prix comparable à celui de la veille. Nous sommes bercés par les clips de karaoké Vietnamien pendant tout le trajet. Plutôt pénible.

 

Arrivés à Saigon, il nous faut trouver un moyen de rejoindre le centre ville. Les taxis sont désagréables et nous annoncent des prix prohibitifs. Va pour le bus de ville ; Nous montons dans le premier qui passe. Tout le monde n’est pas semble-t-il très content de nous voir. Deux personnes s’étalent sur leur place pour éviter que nous nous asseyions à côté d’eux. Sentir le racisme de manière aussi flagrante et banale est très particulier. Un étudiant Vietnamien confus par la scène et s’adresse à moi et se propose de nous aider. Il m’explique le fonctionnement des bus et nous aide pour la fin de notre itinéraire. Nous sommes accueillis très chaleureusement par Inès et sa grand-mère dans sa maison. Diner en ville autour d’une fondue Vietnamienne, des morceaux de poissons et autres seafood trempés dans un bouillon. Plutôt bon même s’il a été très difficile de faire comprendre ce que nous voulions dans un restaurant en plein Saigon où personne ne parle ni anglais ni français.

 

Visite de la ville le lendemain avec le matin, la vieille poste, la cathédrale et le palais présidentiel du Sud Vietnam. Encore une belle leçon de propagande dans un lieu occupé autrefois par le gouvernement sud-vietnamien (pro américain) et qui fut l’un des quartiers généraux des américains jusqu’à leur départ en 1975. Dans l’après midi nous passons à côté de l’opéra, de l’hôtel de ville et dans les riches rues du vieux centre, autant de vestiges de la présence française. Nous dinons avec la Grand-mère d’Inès le soir qui nous avait préparé un délicieux diner de spécialités vietnamiennes. Poulet à la citronnelle, rouleaux de printemps, crevettes en sauce etc. Le ventre bien rempli nous partons prendre un verre. Le bar à l’air éclairé, normal et bien sous tout rapport. Nous nous asseyons, commandons mais nous rendons compte assez vite que les serveuses sont en réalité des prostituées. Spécial.

Nous garderons une impression mitigée du Sud Vietnam. Le contact avec les gens est souvent difficile et l’honnêteté pêche un peu, trois fois sur quatre on ne vous rend pas la monnaie comme il faut ; on vous propose de vous aider, vous refusez, on vous suit et ensuite la personne vous demande de l’argent. Etc. La ville de Saigon regorge de très beaux endroits malheureusement elle est extrêmement bruyante et polluée.

Singapour

février 1, 2008

La ville de Singapour est assez surprenante. Propre comme le veut sa réputation. Pratique grâce à l’organisation asiatique (pas de grèves et bureaucratie efficace). Cosmopolite à cause du mélange de Chinois (majoritaires), d’Indiens, de Malais et d’occidentaux. Sévère compte tenu de la facilité pour se prendre une amende de 250 € ou des coups de bâtons. Humide à cause du climat qui donne l’impression d’être toujours moite. Décousue en raison d’une architecture très disparate alternant des quartiers encore un peu préservés, des barres HLM et des tours modernes. Made in China tant tout donne l’impression d’être du jetable, des habits aux immeubles en passant par les meubles.

 

Singapour ressemble aussi à un vrai temple de la consommation. On trouve de grands centres commerciaux à tous les coins de rues, ils sont ouverts de 10 à 22h et le droit du travail ne connaît pas le dimanche. Le shopping est sans aucun doute la première activité des Singapouriens, on trouve de tout et pour pas très cher. Le plus étonnant reste la nourriture avec des repas dans des « food court » pour moins de 3€. Malheureusement il s’agit de portions adaptées au format local, il faut donc souvent en prendre deux pour tenir jusqu’au repas suivant.